Culture. « Les testaments » de Margaret Atwood.

Margaret Atwood a écrit La Servante Écarlate, un récit dystopique, en 1985. Sa force réside dans le fait qu’en réussissant à le rendre universel et surtout intemporel, elle peint un portrait terrifiant de l’Amérique d’aujourd’hui.

Dans un contexte d’effondrement de la fertilité, un groupe de fanatiques religieux prend le pouvoir et fonde la République de Gilead. Dans ce régime théocratique, le peu de femmes encore fertiles est réduit au rand d’esclave sexuel, privées de tout, même de leur nom. Leur corps n’est plus qu’une marchandise entièrement dévouée au « commandant » qu’elles doivent servir et à leurs épouses. Comme toutes les servantes, June est renommée selon le prénom de son maître, DeFred. Cette appellation est temporaire puisque dès qu’elle aura produit un enfant, elle sera affectée chez quelqu’un d’autre afin accomplir sa mission, c’est à dire être violée une fois par mois et peut être tomber enceinte et c’est tout. Elle se souvient avec effroi du temps où elle avait le droit de lire, de travailler, de vivre avec sa fille et son mari. Mais son instinct de survie et l’obsession de retrouver sa famille lui font rejoindre un réseau de résistance secrète, MayDay. La série adaptée de ce livre, avec une Elisabeth Moss époustouflante dans le rôle de June a rencontré un énorme succès, tellement mérité.

En 2019, Margaret Atwood offre à La Servante Écarlate la conclusion tant attendue, Les Testaments.15 ans après les évènements du premier opus, la République de Gilead est toujours au pouvoir mais commence à pourrir de l’intérieur. Trois femmes aux vies radicalement différentes vont être rassemblées. Les lecteurs qui ont vu la série sauront immédiatement de qui il s’agit. L’une est une adolescente qui a grandit au Canada, l’autre est une jeune femme de Gilead et la dernière fait partie des bourreaux de ce régime. Le destin de ces trois personnages nous plonge dans les méandres de Gilead, pour une analyse de l’intérieur du système.J’ai aimé la vivacité et le rythme du récit. Petit bémol néanmoins, je regrette que l’auteur parle si peu de June et j’aurais aimé, je l’avoue, que les retrouvailles avec ses filles soient d’avantage mis en avant.  Mais l’ensemble n’en demeure pas moins incontournable.

Hélène

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