Alain Claeys, le candidat de la bourgeoisie

Ah ! Voici le grand retour du couteau entre les dents ! 2020. Elections municipales. Poitiers.

Le maire sortant, baron socialiste et professionnel de la politique, en situation inconfortable à une semaine du premier tour, décide de distiller sa logorrhée « anti-rouge ». Claeys, socialiste qui ne mérite nullement ce nom, se pose en défenseur de la bourgeoisie poitevine, face à une candidate écologiste pourtant bien éloignée des idées révolutionnaires.

Rappel des faits

  1. Lors du débat d’entre deux tours, Alain Claeys assène : « Vous avez écrit « ouvrons un nouveau chapitre de l’histoire de Poitiers ». Et vous l’avez signé avec l’extrême gauche, avec le NPA. Et ce n’est pas un acte nouveau pour vous. A l’occasion de l’élection présidentielle dernière, vous avez apporté votre parrainage aussi au NPA. Je vous le dis très clairement ; le nouveau chapitre que j’entends écrire pour Poitiers, je n’entends pas l’écrire avec l’extrême gauche. Mon avenir ce n’est pas M.Besancenot, ce n’est pas mon rêve pour Poitiers, pour les Poitevins et pour les jeunes. ». On peut lire ailleurs : « L’une des listes arrivées derrière celle que je conduis a choisi de signer une tribune commune avec le nouveau parti anti-capitaliste. À ceux qui s’offusquent comme à ceux qui s’étonnent, je rappelle qu’il ne s’agit pas d’un hasard passager, mais d’une longue convergence de vues. »
  2. Mieux encore, sur le site de campagne d’Alain Claeys, une tribune signée Arnaud Eymery pousse plus loin encore le bouchon. Il rappelle comme son mentor que Poitiers Collectif a signé une tribune avec le NPA (ce qui au passage est un peu faux, car la tribune est signée de Poitiers Anticapitaliste suite à une discussion démocratique en assemblée, ce qui n’est pas tout à fait la même chose). Il va plus loin en expliquant qu’un « leader » du NPA (en l’occurrence moi) votera Poitiers collectif. C’est vrai que je voterai Poitiers Collectif mais je ne crois pas être un leader, du moins je ne le souhaite pas. Enfin il rappelle le parrainage de Léonore Moncond’huy pour Philippe Poutou lors de la présidentielle de 2017.

Mépris des faits

Avant toute chose il est important de préciser les « faits » du candidat Claeys et de ses amiEs. Car celui-ci n’hésite pas à les tordre.

  1. la « tribune » signée par Poitiers anticapitaliste et Poitiers collectif n’est pas un accord politique pour les élections municipales. Il s’agit d’un texte commun mettant en avant un certain nombre de principes politiques que nous partageons, et appelant à des résistances communes, à la base. Nos organisations signent souvent des textes en commun en soutien aux migrants, contre les violences policières, la privatisation des aéroports de Paris, etc. Poitiers anticapitaliste ou même le NPA n’a rien négocié. Ni poste, ni argent, ni rien du tout. Il faut mettre ses fantasmes au placard. Néanmoins nous sommes prêts à discuter sur le fond de cette tribune car les détracteurs, de droite ou de gauche, ne parlent jamais du fond… Or, ce texte met Poitiers collectif face à des responsabilités morales, même si cela vaut ce que ça vaut, il sera toujours utile de le ressortir le moment venu.
  2. Je suis cité comme un soutien quasi enthousiaste de Poitiers collectif. C’est faux. Les lectrices et lecteurs assidus de ce site le savent bien, les autres peuvent trouver des infos ici montrant l’analyse très critique que je fais de la campagne de Poitiers collectif. Je sais simplement reconnaître ma gauche de ma droite, ainsi que je pense qu’il n’est pas anodin de virer un baron et un notable du siège de maire, via un bulletin plus à gauche, même si ce n’est pas « ma gauche ».
  3. Il est reproché à Léonore Moncond’huy son parrainage pour Philippe Poutou à la présidentielle de 2017. Pourtant… les socialistes devraient en prendre de la graine car c’est une des seules « personnalités » de gauche du département, avec Gisèle Jean (maire de Queaux), à avoir acceptée de faire ce geste démocratique, en plus de 3 autres maires (ceux de Jazeneuil, Coussay-les-Bois et Adriers) permettant à un ouvrier, à un courant politique existant dans le pays et dans le monde, de pouvoir s’exprimer lors de la présidentielle. Cela ne vaut pas un soutien politique. Dans les plus de 500 parrainages qu’a reçu Philippe Poutou, seuls quelques uns sont des soutiens politiques, la grande majorité représente des éluEs ayant une exigence démocratique. Exigence qui fait grand défaut à Alain Claeys qui, lui, n’a même pas répondu à notre sollicitation.

Les faits sont têtus…

Ils sont têtus, oui. J’avoue avoir volontairement voulu mettre du Lénine dans mon texte afin d’affoler encore un peu plus les deux candidats de droite, Claeys et Brottier. Le couteau entre les dents, le sang dans les yeux, les enfants dévorés… Nous voyons bien là où souhaite nous mener Claeys. Il reprend à son compte une vieille logique de la droite, l’anti-communisme, l’anti-gauchisme. De la droite dure même. Fût un temps où le PS soutenait l’extrême-gauche contre ces attaques-là, comme lorsque Mitterrand pris position contre l’emprisonnement de Krivine. Cela n’enlève en rien la critique légitime qu’il faut faire de la politique de Mitterrand, de ses choix, mais cela montre à quel point le PS est devenu un chien de garde de la bourgeoisie, reprenant à son compte les traditions de la droite. Claeys est un candidat de droite. Il n’a pas réussi à rassembler toute la droite et il se trouve avec une candidature En Marche qui l’embête bien, car il ne peut pas s’assurer une victoire facile. Mais les soutiens ou candidats de Claeys montrent qui il est : Raffarin (LR), Santrot (ex. PS et soutien de LREM), Fourka (LREM), Morin-Chartier (LR)…

De fait il est logique que Claeys reproche la moindre accointance avec le NPA (même quand celle-ci est très légère), car le NPA est une opposition farouche à sa politique.

Claeys, le soutien de Valls, de la loi travail, soutenu aujourd’hui par la droite et la bourgeoisie, face au NPA, parti de militantEs dont Besancenot (facteur), Poutou (ouvrier), Labaye (sans-emploi) et bien d’autres sont les moteurs, parti des luttes, en défense des classes populaires. Un parti pour la révolution écosocialiste.

Deux opposées. Deux idéologies.

Poitiers collectif n’est pas une alternative à Claeys, non. Mais nous côtoyons les militantEs du PCF, de EELV, de Génération.s dans les luttes. Nous nous opposons, au contraire, au PS et à LREM.

Voter Poitiers Collectif ne changera pas nos vies car pour changer nos vies il faudra faire une révolution. Mais ce vote peut nous permettre d’infliger à Claeys une défaite politique, et ce serait une victoire politique pour notre camp suite aux attaques qu’il porte à nos idées, à nos militantEs, et au mépris qu’il a pour nos électrices et électeurs. Car en attaquant le NPA, c’est tout le camp de l’émancipation humaine qu’il vise.

Alors envoyons Claeys à la retraite, et préparons les combats pour en finir avec le capitalisme.

Alexandre Raguet

Poitiers, le 24 juin 2020  

Un commentaire sur “Alain Claeys, le candidat de la bourgeoisie

  1. A CLAEYS n’a pas beaucoup à combattre les politiques de droite et LERM puisqu’il est d’accord.
    Ta réponse est très juste et il a un dernier soutien , le député SAVATIER LERM qui quitte
    qu’il dégage……

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