Communiqué : Ne sommes-nous bons qu’à aller bosser ?

Depuis le début de la crise, on assiste à un duo paradoxal entre la sphère médicale, qui nous explique qu’il faut se confiner, et le MEDEF avec Bruno Le Maire, qui veulent nous renvoyer au travail quoi qu’il en coûte pour notre santé.

Maintenant que nous sommes en période de déconfinement, ce paradoxe est poussé à l’extrême. Notre vie n’aurait plus comme horizon que le travail et la consommation. S’il est possible de s’entasser dans les transports en commun, sur des chaînes de production, sur des plateaux de centre d’appel, il doit aussi être possible de retrouver des activités sociales : manifestations, cinémas, bars, retrouver ses ami·e·s… Nous savons qu’à Poitiers beaucoup de producteurs locaux, lieux alternatifs, lieux culturels sont en très grandes difficultés.

Pendant ce temps, le gouvernement distribue des milliards aux grands groupes (exonérations de cotisations sociales, remises de loyer…) alors que des millions de salarié·e·s sont en souffrance par perte d’emploi, perte de salaire, sans oublier les inquiétudes sur la santé. Mais pour elles et eux, rien ou pas grand-chose. Même la prime de 1500 € promise aux personnels de santé n’arrive pas. A ces salariés, il faut également ajouter beaucoup de petits commerçants, artisans, paysans avec des statuts divers comme les auto-entrepreneurs ou les travailleurs indépendants. Pour ceux-la, les milliards ne coulent pas à flots. Tout juste une aide pouvant être au maximum de 1 500 € mais qui, du fait du mode de calcul choisi par le gouvernement, est souvent bien moindre, voire inexistante. Mais cela montre aussi que tous ces nouveaux statuts que l’on nous a tant vantés ne sont que de la poudre aux yeux. Cette ubérisation de la société, où il faut trimer pour juste survivre, est catastrophique en temps de crise.

Le NPA conteste ce choix de société où nous serions tracés par nos téléphones pour juste aller travailler. Le monde d’après ne sera pas celui d’avant. C’est aux millions de jeunes, de salarié·e·s, de retraité·e·s de décider de leur avenir, pas à quelques « experts » et patrons de grands groupes capitalistes.

Prenons nos affaires en main, parce que nos vies valent plus que leurs profits.

Poitiers, le 15 mai 2020.

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